Révision des listes électorales: les basses manœuvres du pouvoir de Lomé

Initialement prévue se tenir du 29 novembre au 1er décembre, sur toute l’étendue du territoire, l’opération de révision électorale a été prolongée au lundi 02 Décembre dernier. Soit, quatre vingt seize (96) heures d’opération d’enrôlement qui restent malheureusement bien loin du temps à impartir en faveur d’un fichier complètement actualisé.

 

Tel qu’annoncé par le gouvernement, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dans la droite ligne de sa course effrénée, amorcée depuis peu, pour un scrutin présidentiel au processus bâclé, est passée à l’acte. L’institution que préside Tchambakou Ayassor a effectivement déployé sur le terrain, dans le temps imparti, opérateurs de saisie (Ops) et matériels.

La révision vue par les Ops
Entre volonté et dévouement d’être au service de la nation et les réalités du terrain, les agents recenseurs n’ont pu satisfaire entièrement l’audience mobilisée à différents niveaux pour la circonstance. En effet, si la Ceni s’est employée à déployer, dans le temps, les agents dans leur centre de recensement respectif, les difficultés techniques ont été constatées ici et là. «La difficulté majeure que nous avons tous rencontré, puis que nous avons pu contacter aussi nos collègues, c’est celle liée à la lenteur des machines», nous a confié Sika, agent recenseur affectée au centre de recensement du CEG Boka, à Nyekonakpoe, à Lomé. Cette dernière, bien que relativisant les difficultés rencontrées, a reconnu l’impact négatif de cette lenteur sur l’ensemble de leur prestation. «Les machines ont trop traîné. Et à cause de cette lenteur, bien que nous avons réussi à enrôler entre 115 et 120 par jour, il y a malheureusement eu un grand nombre de gens que nous n’avons pas pu servir. Plus de 100 personnes sont restés sur le carreau», indique t-elle.

Pour Israël, affecté au centre d’enrôlement de l’Epp Zomayi, à Kpalime, les difficultés ont été beaucoup plus d’ordre organisationnel . «Normalement, le travail devrait démarrer le vendredi. Mais nous, jusqu’à midi, on était encore en attente à la Celi de Kloto, installant les kits et dans l’espoir de redéploiement», a-t-il constaté. « Notre équipe est arrivée en poste à 14h et les installations finissaient autour de15h. Ce qui fait qu’au premier jour, nous n’avons pu enrôler que 7 personnes», a-t-il précisé, avant de révéler que «la deuxième journée a essentiellement marquée par un problème d’imprimante. Mais nous avons pu enregistrer 23 personnes . C’est au dimanche qu’il y a eu un début d’affluence et nous avons pu enrôler 78 personnes. Dans l’ensemble, nous avons recensé 227 personnes », a-t-il précisé. Cependant, il n’a pas hésité à émettre son avis sur l’ensemble de l’opération. «Les précédentes opérations sont largement mieux que celle-ci », a estimé Israël.

«A notre niveau, le souci majeur a été un problème d’alimentation. Au premier jour, l’autonomie que les Pc ont n’a pas pu permettre d’enrôler plus de 4 personnes avant qu’ils ne s’éteignent. Ce souci n’a été réparé qu’au lendemain, deuxième jour de l’opération vers 10h. Donc on n’a pu travailler convenablement. Il y a donc eu une affluence impressionnante au dernier jour mais que notre retard accusé en début n’a pu permettre de régler. Nous étions dans l’obligation de dire à toutes ces personnes pourtant venues se faire enrôler de retourner chez elles », nous explique, pour sa part, Roland qui a opéré à l’Epc Immaculée Conception, toujours à Nyekonakpoe.

Révision, dites-vous ?
À la lumière de ces témoignages, l’on est en droit de légitimer la position de l’opposition et celle de la société civile qui réclament toutes, en lieu et place d’une simple révision électorale, un recensement électoral en bonne et due forme, garantie d’un scrutin crédible dont les résultats pourraient s’imposer à tous. Mais dans le cas d’espèce, les réalités du terrain viennent conforter ces acteurs lorsqu’on sait que la révision, par essence n’est pas de nature à garantir un fichier fiable. Déjà même que l’opération de recensement qui a conduit à la mise en place de fait du fichier actuel a été tout sauf crédible. Au point que les USA n’ont pu trouver de notes favorables pour le comptabiliser dans les critères d’éligibilité au programme MCC.

C’est à croire donc que la méthode de restriction volontairement imposée par le pouvoir de Lomé pour empêcher la majorité d’électeurs à se mettre dans les conditions, puisque se reposant sur le fichier actuel renfermant en majorité un électorat acquis à la cause du pouvoir, a été mis à nu par Dame nature.

Et dans la posture actuelle, l’on tend encore à avaliser cette forfaiture qui n’a de sens que pour légitimer l’illégalité, par la force de la force, de l’arbitraire et de la roublardise.

De ce fait, la révision telle qu’a été menée, malgré la prolongation jouée, ne s’apparente à rien, si ce n’est une mise en scène pour renforcer une dictature qui n’a que trop duré.

Initialement prévue se tenir du 29 novembre au 1er décembre, sur toute l’étendue du territoire, l’opération de révision électorale a été prolongée au lundi 02 Décembre dernier. Soit, quatre vingt seize (96) heures d’opération d’enrôlement qui restent malheureusement bien loin du temps à impartir en faveur d’un fichier complètement actualisé.

Tel qu’annoncé par le gouvernement, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dans la droite ligne de sa course effrénée, amorcée depuis peu, pour un scrutin présidentiel au processus bâclé, est passée à l’acte. L’institution que préside Tchambakou Ayassor a effectivement déployé sur le terrain, dans le temps imparti, opérateurs de saisie (Ops) et matériels.

La révision vue par les Ops
Entre volonté et dévouement d’être au service de la nation et les réalités du terrain, les agents recenseurs n’ont pu satisfaire entièrement l’audience mobilisée à différents niveaux pour la circonstance. En effet, si la Ceni s’est employée à déployer, dans le temps, les agents dans leur centre de recensement respectif, les difficultés techniques ont été constatées ici et là. «La difficulté majeure que nous avons tous rencontré, puis que nous avons pu contacter aussi nos collègues, c’est celle liée à la lenteur des machines», nous a confié Sika, agent recenseur affectée au centre de recensement du CEG Boka, à Nyekonakpoe, à Lomé. Cette dernière, bien que relativisant les difficultés rencontrées, a reconnu l’impact négatif de cette lenteur sur l’ensemble de leur prestation. «Les machines ont trop traîné. Et à cause de cette lenteur, bien que nous avons réussi à enrôler entre 115 et 120 par jour, il y a malheureusement eu un grand nombre de gens que nous n’avons pas pu servir. Plus de 100 personnes sont restés sur le carreau», indique t-elle.

Pour Israël, affecté au centre d’enrôlement de l’Epp Zomayi, à Kpalime, les difficultés ont été beaucoup plus d’ordre organisationnel . «Normalement, le travail devrait démarrer le vendredi. Mais nous, jusqu’à midi, on était encore en attente à la Celi de Kloto, installant les kits et dans l’espoir de redéploiement», a-t-il constaté. « Notre équipe est arrivée en poste à 14h et les installations finissaient autour de15h. Ce qui fait qu’au premier jour, nous n’avons pu enrôler que 7 personnes», a-t-il précisé, avant de révéler que «la deuxième journée a essentiellement marquée par un problème d’imprimante. Mais nous avons pu enregistrer 23 personnes . C’est au dimanche qu’il y a eu un début d’affluence et nous avons pu enrôler 78 personnes. Dans l’ensemble, nous avons recensé 227 personnes », a-t-il précisé. Cependant, il n’a pas hésité à émettre son avis sur l’ensemble de l’opération. «Les précédentes opérations sont largement mieux que celle-ci », a estimé Israël.

«A notre niveau, le souci majeur a été un problème d’alimentation. Au premier jour, l’autonomie que les Pc ont n’a pas pu permettre d’enrôler plus de 4 personnes avant qu’ils ne s’éteignent. Ce souci n’a été réparé qu’au lendemain, deuxième jour de l’opération vers 10h. Donc on n’a pu travailler convenablement. Il y a donc eu une affluence impressionnante au dernier jour mais que notre retard accusé en début n’a pu permettre de régler. Nous étions dans l’obligation de dire à toutes ces personnes pourtant venues se faire enrôler de retourner chez elles », nous explique, pour sa part, Roland qui a opéré à l’Epc Immaculée Conception, toujours à Nyekonakpoe.

Révision, dites-vous ?
À la lumière de ces témoignages, l’on est en droit de légitimer la position de l’opposition et celle de la société civile qui réclament toutes, en lieu et place d’une simple révision électorale, un recensement électoral en bonne et due forme, garantie d’un scrutin crédible dont les résultats pourraient s’imposer à tous. Mais dans le cas d’espèce, les réalités du terrain viennent conforter ces acteurs lorsqu’on sait que la révision, par essence n’est pas de nature à garantir un fichier fiable. Déjà même que l’opération de recensement qui a conduit à la mise en place de fait du fichier actuel a été tout sauf crédible. Au point que les USA n’ont pu trouver de notes favorables pour le comptabiliser dans les critères d’éligibilité au programme MCC.

C’est à croire donc que la méthode de restriction volontairement imposée par le pouvoir de Lomé pour empêcher la majorité d’électeurs à se mettre dans les conditions, puisque se reposant sur le fichier actuel renfermant en majorité un électorat acquis à la cause du pouvoir, a été mis à nu par Dame nature.

Et dans la posture actuelle, l’on tend encore à avaliser cette forfaiture qui n’a de sens que pour légitimer l’illégalité, par la force de la force, de l’arbitraire et de la roublardise.
De ce fait, la révision telle qu’a été menée, malgré la prolongation jouée, ne s’apparente à rien, si ce n’est une mise en scène pour renforcer une dictature qui n’a que trop duré.

Fraternité N°339 du 04 décembre 2019