Mgr Kpodzro met les pieds dans le plat : « J’appelle un chat un chat. Que ceux qui se sentent morveux, se mouchent et surtout qu’ils se convertissent »

Président de la Conférence Nationale Souveraine puis, Président du Haut Conseil de la République (HCR), Mgr Kossi Philippe Fanoko Kpodzro, Archevêque émérite de Lomé, ne baisse jamais les bras dans sa quête d’alternance au Togo. Cet homme de Dieu qui, ces dernières années, a repris son bâton de pèlerin pour conduire le peuple togolais à la terre promise, loin de la dictature des Gnassingbé, a lancé il y a quelques semaines une collecte de fonds pour aider les forces de l’opposition à réaliser le rêve du changement au Togo. En terre béninoise pour l’ouverture du compte bancaire pour cette mission, le Prélat est interrogé par notre confrère béninois Le Soleil Bénin Info. Voici les échanges !

Depuis un moment, on vous voit très engagé sur la scène politique au Togo, quels sont les objectifs que vous poursuivez ?

Mgr Kpodzro : les objectifs de la mission, c’est de secourir les pauvres, ceux qui souffrent, qui crient qui vivent dans la misère et l’oppression alors qu’ils ont besoin d’être libres, des fils de Dieu, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de notre cher pays, le Togo. Et comme je suis un évêque, celui que le saint siège et le Chef de l’Etat et les chefs des partis politiques avaient choisi, il y a 30 ans pour diriger la conférence nationale souveraine et après la conférence, le haut conseil de la république, et que Dieu a permis que je continue à vivre devant tant de misères, je ne peux pas me taire, c’est pour cela que je crie la vérité et contre le régime au pouvoir et contre les opposants qui n’arrivent pas à s’accorder. Voilà.

 

Certains vous accusent d’être à la solde de certaines chapelles politiques de l’opposition. Que leur répondez-vous ?

Non pas du tout. Je ne suis à la solde d’aucune chapelle politique, j’appelle un chat un chat. Que ceux qui se sentent morveux, se mouchent et surtout qu’ils se convertissent. Je suis libre comme le vent. J’ai tout simplement à suivre l’exemple de Monseigneur Jésus Christ qui ne s’est pas tu devant les puissants de son époque et qui les a maudits même parce qu’ils abusaient de leur pouvoir et ne permettaient pas aux pauvres d’Israël de vivre dans la paix.

Les élections présidentielles vont se tenir, sauf cataclysme politique, en février prochain.

 

Qu’attendez-vous réellement de ce scrutin très décisif pour la démocratie au Togo ?

Alors, c’est pour cela que je suis à Cotonou. Pourquoi ? Parce qu’historiquement au Togo, les vainqueurs, ou le vainqueur n’a jamais pu jouir de sa victoire à la suite d’une élection. Le parti au pouvoir est spécialisé dans les fraudes et alors les fichiers électoraux, les organes mêmes appropriés pour proclamer les résultats sont tous achetés et corrompus et réellement, nous assistons à une injustice organisée de façon systématique. C’est pourquoi, cette fois-ci, j’ai dit, il faut que ça change.

Mais comme l’argent est le nerf de la guerre et que c’est avec l’argent qu’on achète les consciences, alors j’ai voulu ouvrir un compte pour que dans ce compte, la société civile, les opposants, les togolais de l’extérieur et de l’intérieur qui souffrent et qui sont épris de vérité puissent mettre quelques contributions financières afin que nous puissions avoir notre groupe d’observateurs, lequel doit avoir les moyens de l’action.

 

Quelle sera la mission de groupe d’observateurs ?

Ces observateurs seront déployés partout dans le pays pour suivre et surveiller les élections à tous les niveaux à toutes les instances pour éviter que par des fraudes on triche plus.

 

C’est pour cela que vous êtes à Cotonou ?

Oui, c’est pour cela que je suis venu à Cotonou ouvrir un compte et nous serons également à Accra, pour le même exercice. Il y aura des comptes en Europe et en Amérique pour que tous les togolais et les amis du peuple togolais puissent mettre la main à la poche afin que nous puissions avoir de quoi vaincre la fatalité et continuer la formation du peuple togolais pour que l’alternance soit une habitude chez nous.

 

Et quel est le montant que vous espérez avoir pour la réussite de votre mission ?

Pour la réussite de cette mission, je souhaiterais avoir un montant de 3 à 7 milliards, parce que les dépenses sont énormes. Ce n’est pas pour ma poche, c’est pour le bien commun pour que nous réussissions cette bataille cette fois- ci l’année prochaine.

Vous vous définissez comme le chef de fil de cette mission ?
Non plutôt, l’âme de cette mission. Je parle en tant qu’homme de Dieu, et le Seigneur a dit ça suffit ! Mon serviteur, Philippe Kpodzro, ne reste pas sourd, organise toi pour que mon nom soit glorifié.

Vous tenez à l’alternance…

Oui j’y tiens. Il n’y a pas de démocratie sans alternance. Et c’est pour cela que je me bats.

 

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des togolais vivants au Bénin, au Togo et de la diaspora ?

Le Togo et le Bénin sont des pays frères. Ce que Monseigneur De Souza a pu réussir pour la gloire de Dieu et le salut du peuple béninois, je prie le Seigneur de m’accorder la même grâce pour le peuple du Togo. Et j’avais travaillé à l’époque avec lui et aussi avec le cardinal de la république du Congo pour la même cause, eux ils ont la chance de réussir, mais moi, le Seigneur a réservé cette occasion plus tard pour obtenir le même résultat pour la gloire de son nom et la libération du peuple souffrant du Togo qui ne mérite pas tant de misère. Je lance un appel aux togolais de faire confiance à Dieu et qu’ils sachent que le temps est arrivé et le Seigneur a décidé de sauver le peuple togolais à travers son humble serviteur, qu’il mobilise et qu’il fortifie pour que le succès soit obtenu au cours de cette élection présidentielle.

 

Aidez-moi pour que je puisse glorifier le Seigneur à travers notre victoire pour la libération du Togo. A l’endroit de la communauté internationale qui reste souvent comme sourde aux cris et aux misères du peuple d’Afrique et du peuple togolais en particulier, je leur demande, à travers leurs organisations humanitaires de se montrer généreuses et aussi de favoriser de leur autorité, cette aspiration très légitime du peuple togolais qui en a marre et qui n’en peut plus.

 

Vous rappelez le numéro du compte bancaire que vous avez ouvert à Cotonou à vos compatriotes…

Pour les dons et souscriptions pour la réussite de cette mission, je voudrais rappeler à tous nos compatriotes qu’un compte est ouvert à BGFI BANK BENIN/N° : 010016868011.