Législatives 2018: quand Whatsapp s’invite dans le scrutin

Alors que les législatives ont lieu ce jeudi au Togo, des messages appelant les électeurs à rester chez eux circulent sur les téléphones portables.

 

C’est ce jeudi 20 décembre qu’ont lieu les élections législatives au Togo. Les forces de sécurité ont d’ailleurs déjà voté par anticipation mardi 18, afin d’être disponibles jeudi. Les élections se déroulent dans un contexte politique tendu depuis des mois. Le scrutin est d’ailleurs boyocotté par une partie de l’opposition. Pour ne rien arranger, depuis plusieurs jours, des messages inquiétants circulent sur Whats App, au point de faire réagir le gouvernement.

Les forces de sécurité ont déjà voté ce mardi (image d’illustration).

Des messages comme celui-ci, capté par la DW : « Je vous en supplie, le jour du vote le 20, restez chez vous à la maison. N’allez nulle part. Le mieux c’est de faire des ravitaillements, faire des sauces pour ne pas être obbliger de sortir le 20. Si vous n’allez pas voter, cela ne fait rien », dit un homme en mina, l’une des langues locales au Togo.

 

« Mépris ou désinformation »

Il est souvent très difficile d’identifier les auteurs ou encore moins la source de ces messages, souvent vocaux, qui inondent les réseaux sociaux au Togo. Certains messages font craindre le pire. « C’est difficile de détecter quelqu’un qui se cacherait derrière ces informations », estime Leon Togbedji, membre de la branche togolaise de l’organisation, « Internet Society ». Pour lui ces messages peuvent avoir plusieurs objectifs : « Soit c’est le mépris, soit c’est la désinformation. On peut dire que c’est l’oeuvre d’un groupe organisé ou d’individus isolés ».

Le gouvernement réagit

Le gouvernement souhaite éviter les problèmes le jour du scrutin. Ici une file d’attente en 2013.

Le phénomène inquiètent les autorités togolaises qui viennent d’adopter une loi pour punir la cybercriminalité incluant aussi la désinformation via les réseaux sociaux. Même si le gouvernement togolais accuse l’opposition qui a promis empecher la tenue des législatives, du côté de la Commission électorale, on pense ignorer le phénomène. Les réseaux sociaux on les connaît. Mais je peux vous donner des garanties », assure le proffesseur Kodjona Kadanga, président de la comission. « Le gouvernement aussi a donné des garanties et la Fose est là pour assurer la sécurité. »

La Fose, c’est la Force spéciale pour sécuriser le scrutin. Véritable phénomène de société, les textos vocaux sont très appreciés au Togo où une grande partie de la population ne peut ni lire, ni écrire. « Ceux qui malheureusement n’ont pas un niveau scolaire élevé, agissent en fonction de ces messages », explique Martin Oré, sociologue. « On pense que tout ce qui vient de Whatsapp ou facebook est vrai. Mais ce n’est pas toujours vrai », met-il en garde.

Source: Dw.com
Titre modifié